Dimanche 20 novembre 2011
Pascal et André
On fait une p'tite pause avec les Échos, car 9 à 10h de sortie hebdomadaire, ça fini par fatiguer le bonhomme et devenir lassant. Nous avons donc pris quelques vacances au Bouc Noir dans le Réseau Glacé.
Depuis notre dernière visite, deux plaquettes nous attendaient en tête de puits. J'installe la corde et nous nous laissons glisser jusqu’à à l'entrée du Réseau Glacé où la corde suivante est toujours en place .Dans la salle, le puits qui s'enfonçait dans la glace s'est élargi : signe du réchauffement de la planète ! Ah bon tu crois ?
La suite est vite équipée : une broche à glace au départ, une autre au fractio un peu plus bas et on file entre le rocher jaune et la glace fossile, le décor, de toute beauté, variant d"une année sur l'autre.
Le puits est bouché, mais une large banquette passe sous l'épaisseur de glace, qui nous mène devant une grosse langue glacée de 2,5m de haut, au pied de laquelle s'ouvre encore un puits, tout en glace, profond d'une dizaine de mètres, étroit et peu engageant et trop juste pour nous y laisser glisser sans risque. Nous sommes d'ailleurs au bout de la corde et de la réserve de cordes, ce qui règle la question
Nous avons tout de même gagné une vingtaine de mètres.
Pascal, confiant en ses crampons, escalade la langue de glace et après quelques coups de marteau bien placés, traverse un rideau de glace qui fermait un espace plus grand qui semble rejoindre un boyau qu'on avait vu un peu plus haut. Et effectivement, ça communique, je remonte et rejoins Pascal par le haut. Nous nous trouvons maintenant dans une autre faille qui s'élargit en remontant. Deux puits y arrivent mais sont bouchés en haut. Puis elle se rétrécit à mesure que l'on monte pour finir sur une trémie infranchissable; au dessus, le méandre continue, colmaté par de la caillasse.
Recomptons : 20m de descente + environ autant de développement = 40m de pointe (pour le moment).
J'avais repéré avant d'atteindre le fond du premier puits un départ courbe. Nous y remontons donc : en pendulant un peu, et on pose le pied sur une banquette, à son tour colmatée par une trémie, glacée (les meilleures!). Mais il y a encore quelque-chose en dessous ! Ou plutôt rien. Plein de vide si vous préférez; Oui, mais on n'a plus de corde; Qu'à cela ne tienne : je remonte récupérer un rataillon de corde destiné à servir de main courante et, grâce à ces -m de chanvre, nous parvenons quelques mètres plus bas sans avoir pris trop de risque, en bas ça file encore un peu...
Bien que l'on puisse se coincer le dos contre le rocher et planter les crampons dans la glace devant soi, la forme évasée un poil plus bas allait nous faire dire : stop!! on remonte. En bas, rien d'évident, un courant d'air mais vraiment pas énorme, il faudra attendre encore quelques années pour que ça fonde.
Encore une petite dizaine de mètres à ajouter aux 40, ce qui fait 50m de pointe !
Pour le moment ça queute (pour les non-initiés, ça se termine là alors que nous avions espoir que ça continue); (ar contre ce réseau glacé est un régal pour les yeux : des cristaux, des formes étonnantes, de la glace fossile avec ses strates et de la glace vive toute craquelée par endroits, vraiment chouette, un rocher jaune et propre qui contraste grave, bref je laisse votre imagination faire le reste...
On remonte en déséquipant et sans faire la topo, difficile à relever dans la glace, à par le bout de faille (qui se dirige en gros vers le chemin), ça va bouger.
Une sortie courte pour une fois, 5h sous terre, avec encore le jour pour nous accueillir, casse-croûte et retour à l'Anglette, chargés comme deux ânes morts.
Voilà, vous savez tout...
Et bien sur à bientôt pour de nouvelles aventures.
Pascal et André

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