Le troglodyte

  • n.m. troglodyte (du grec trôglodutês, qui habite dans les trous). Personne qui habite une grotte ou une demeure creusée dans la roche.
  • Il est bien connu que "la France profonde est principalement constituée de spéléologues" (Le Chat - Geluck). Les Troglodytes de Novel, depuis trente ans, ne font pas mentir le dicton. Longtemps nous avons vécu en suivant le précepte qui affirme que pour vivre heureux, il faut vivre caché.
  • Mais l'envie de partager nos joies de spéléos est finalement, et c'est un bien, devenue la plus forte. C'est la raison d'être de ce blog. Qui que vous soyez, vous y êtes le bienvenu.

Où et comment nous trouver

  • - le vendredi soir au local : 15, Rue des Pommaries - 74940 ANNECY-LE-VIEUX
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Maillons rapides

Aujourd'hui, nous laissons à nouveau la parole à Greg qui nous raconte leur traversée Merveilleuse / Vertige (et il ne dit pas tout. Je ne vous dis que ça ...

Le 2 novembre 2010.
Participants : Greg, Eric, Boulon, Joseph, françois, Jean-Pierre, Thierry.


Comme sa consœur la Diau, cette traversée s’ouvre sur le plateau du Parmelan et donne accès, à travers 250 mètres de roche, à la Rivière de Bunant, qui collecte les eaux de 30 kilomètres de réseau. Elle offre une belle balade dans les entrailles du massif et une sortie « vertigineuse » en pleine falaise.


Étant donnée l’expérience de la veille, nous décidons de partir tôt pour pouvoir sortir par la Grotte du Vertige de jour. Nous partons donc vers huit heures pour le Chalet de l’Anglette, point de départ de toutes nos sorties spéléos lors de cette expé.
Une fois préparés, nous étions très loin de nous imaginer que nous allions passer près de trois heures à chercher l’entrée de la Merveilleuse. Et oui…un épais brouillard à couper au couteau nous attendait au sommet du col. Visibilité : dix mètres ! Nous avons fouillé tous les recoins de ce lapiaz de long en large, par le haut, par le bas…bref cela en 



















devenait désespérant….J’ai bien failli renoncer.
Et puis, au détour d’un retour, d’un re-détour…..Boum ! Thierry crie « ça y est, je l’ai »…waouuhhh ! Une doline de quinze mètres de largeur et profonde de vingt, Bon Dieu, cela ne se loupe pas comme cela ! Et pourtant, si. Nous nous enfonçons avec empressement sous terre. Nos deux jeunes, Joseph et François, partent en tête, suivis par Thierry, Boulon, Eric, Jean-Pierre et moi.
Au fond du puits d'entrée, une belle étroiture pas commode nous attend. Chargés d'un kit, c’est moins drôle. Pour moi, c’est jamais drôle. J’y vais….poufff….un boulevard, c’est pas vrai ;-)
Eric me suit. Je me retourne pour prendre son kit, car je sais qu’il n’est pas à l’aise là-dedans non plus, Il avance, je le préviens qu’à la sortie, il y a une petite désescalade d'un mètre cinquante... et boum….c’est l’incident : il glisse, perd pied et se foule le pied….Mdr….quelle connerie…Mais ce n'’est pas cela qui va l’arrêter, c’est un spéléo du SCSC, nom de nom ….et hop, il emboîte le pas, « On n’a pas fait tout ce chemin pour rien ! »

Une enfilade de puits, certains larges, d'autres plus étroits, toujours majestueux, nous amène rapidement à 250 mètres de profondeur, où nous prenons pied dans la Salle des Arlequins, chaotique et argileuse. Nous sommes cette fois dans le réseau lui-même, installé sous 250 mètres de calcaire urgonien compact de teinte claire, au contact d'une couche plus sombre de calcaire marneux hauterivien quasiment étanche. Nous allons désormais nous déplacer à l'horizontale, en suivant le léger pendage du plateau jusqu'à la sortie.

 Nous entrons dans la Galerie du Délire qui nous amène cent mètres plus loin au bord de la rivière de Bunant. Il ne faut malheureusement pas la suivre, puisqu'elle disparait rapidement dans un long siphon. Détour obligatoire par un réseau parallèle, auquel on accède par un conduit fossile et argileux, appelé Broadway, qui se révèlera monotone. En effet les quantités de boue que nous y rencontrons sont de taille équivalente à celles du réseau touristique d’Eprave en Belgique.

La progression reste évidente et, après avoir franchi une série de ressauts, nous prenons pied dans la vaste Galerie des Cyclopes qui « brille » autant par l’importance de son diamètre que par celle de son remplissage argileux…. ;-))) bref de la boue, des tonnes et des tonnes de boue, sèche dans le meilleur des cas et mois sèche le reste du temps, la faute à la surfréquentation des lieux.

On arrive ainsi, tant bien que mal, au sommet du Puits de la Jonction (R9), qui ouvre les portes du Réseau du Vertige. On parcourt encore cent cinquante mètres de galeries, fossiles dans lesquelles le choix de l'itinéraire relèvera plus du flair du spéléologue aguerri à renifler les courants d’air et à repérer les rares traces laissées par des prédécesseurs ...qui se sont peut-être perdus. Un balisage discret est en place, réalisé à l’aide de scotchlight en forme de flèches, qui rassure sur le choix du chemin pris.













Nous débouchons enfin dans la Grotte du Vertige, exutoire (propre) du trop-plein de crue de la Rivière de Bunant, qui coule dans des conduites inférieures infestées de siphons (D'où le détour par par le réseau des Cyclopes) La salle terminale est allongée parallèlement à la falaise qu'elle perce de quatre ouvertures offrant une vue saisissante sur la vallée d’Usillon.

Ne "reste plus qu'à" poser un rappel en pleine face rocheuse, qui permet d'atteindre, en visant bien, une vire horizontale aux trois-quarts délitée. En la suivant, nous rejoignons le plancher des vaches (ils en ont aussi ici, comme chez nous), précautionneusement accrochés à une main courante dont les ancrages retiennent la falaise par l'opération du Saint-Esprit. C'est sûrement le passage le moins gratifiant de cette belle traversée. Ensuite, il n'y a plus qu'à remonter sur toute sa hauteur une pente d'éboulis copieusement garnie d'une herbe glissante à souhait, qui a pour seule vocation, si vous n'y prenez garde, de vous envoyer directement sur Thorens-Glières, tapi tout là-bas au fond de la vallée. Revenu au Col des Rochers Blancs, la dernière étape de retour à l'Anglette à travers les alpages n'est plus qu'une balade de santé.
















Quant à notre ami Eric, il a tenu bon toute la traversée avec son entorse au pied, qui, le soir, était tout bleu. Le lendemain matin, il ne pouvait plus le poser et il est resté HS le restant du séjour. Dommage et pas de chance. Mais chapeau pour la performance !

TPST : 7 heures.

L'intégralité des photos est visible sur le site du club :
http://www.scsc.be/FrmDetailCompteRendu.aspx?id=133
Greg

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Y'a des trous dans le Parmelan ?

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