Le troglodyte

  • n.m. troglodyte (du grec trôglodutês, qui habite dans les trous). Personne qui habite une grotte ou une demeure creusée dans la roche.
  • Il est bien connu que "la France profonde est principalement constituée de spéléologues" (Le Chat - Geluck). Les Troglodytes de Novel, depuis trente ans, ne font pas mentir le dicton. Longtemps nous avons vécu en suivant le précepte qui affirme que pour vivre heureux, il faut vivre caché.
  • Mais l'envie de partager nos joies de spéléos est finalement, et c'est un bien, devenue la plus forte. C'est la raison d'être de ce blog. Qui que vous soyez, vous y êtes le bienvenu.

Où et comment nous trouver

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Maillons rapides

Mon amie la caverne

jeudi 11 février 2010

La grotte n’est pas une fin en soi, c’est un moyen. Un moyen de se retrouver avec soi-même, d’être soi-même. C’est aussi la rencontre avec l’autre, sans qui la grotte ne peut être atteinte. La grotte, s’est un monde si lointain que les kilomètres en deviennent insignifiants. La distance s’y transforme en temps. Un temps si court et si long à la fois, un temps qui n’a plus de raison d’être puisqu’il ne signifie plus rien.
La grotte, c’est une planète différente, ou plutôt une autre galaxie à l’intérieur de laquelle s’égayent de multiples planètes, toutes différentes et pourtant si semblables. Chacune est aussi éloignée qu’on le souhaite de notre Terre. Chaque astre à découvrir nous éloigne un peu plus de celui qui nous a vu naître.
La grotte, c’est la sécurité, le rempart infranchissable qui nous sépare du monde terrestre, de ses horloges, de ses usines, de ses terriens. Seuls les initiés peuvent y pénétrer, seuls ceux qui voient en elle le chemin vers l'infiniment pur, vers l’éternel bien-être.
La grotte c’est la nuit, sans lune ni étoiles, au ciel de roche qui en est si près qu’on pourrait le toucher. C’est plus qu’une nuit sans lune, c’est un néant nocturne, une éternité endormie qui revit à chaque flamme qui vacille.
La grotte c’est la vie, minérale mais persistante. Plus vivante encore que la vie organique, plus puissante aussi. Une vie millénaire qui nous impose l’humilité, à un point tel que l’on en retrouve nos valeurs originelles : celles de la vie. Du ruisseau qui rugit à la goutte d’eau qui scintille, la grotte est vivante. Elle l’était déjà avant nous, elle le sera encore après, aussi longtemps qu’elle le désire, jusqu’au bout peut-être.
La grotte, c’est le tunnel qu’a creusé l’évadé, c’est le sanctuaire préhistorique, le tombeau du Christ. La grotte c’est tout cela à la fois, une infinie grandeur dans un ridicule espace, un incalculable éloignement dans une affligeante proximité.
La grotte n’est pas à dompter, c’est un animal sauvage qu’il faut laisser vivre en liberté, qu’il faut respecter avec humilité. C’est elle qui vous accepte, ce n’est pas vous qui y entrez. Pourtant, toujours elle vous chasse et, le temps venu, on la fuit. A trop vouloir l’aimer, on y perd son cœur, on s’en brûle l’esprit. Lui qui reste toujours un peu au fond de ce trou noir, lui qu’il faut toujours retourner chercher plus profondément encore, jusqu’à ce qu’il disparaisse enfin.

 La grotte est pudique, la grotte est mystérieuse. Elle ne se dévêt jamais en son entier et pas devant n’importe qui. Il faut l’avoir courtisée, l’avoir aimée pour qu’elle vous livre ses secrets cachés, ses recoins qu’elle est seule à connaître. Et c’est seulement quand on croit la posséder qu’elle vous étonne, qu’elle consent à vous montrer furtivement ses rondeurs cachées. C’est seulement après vous avoir glissé cent fois entre les doigts qu’elle vous satisfait enfin.
On ne vit pas dans la grotte, on y survit. On en est prisonnier comme d’un amour brûlant. On ne sort pas de la grotte, on y retourne toujours, pour la voir, pour se voir.
La grotte c’est la liberté, grisante comme l’infini, mais confinée entre des murs de pierres. Une liberté qui ne peut s’échapper de la nuit, qui est condamnée à perpétuité. Pourtant on la respire en permanence, elle vous suit dès que vous pénétrez dans sa geôle, elle vous envoûte et vous possède. Jamais liberté n’a pris telle signification, alors que paradoxalement, elle s’épanouit dans un milieu si asservissant. La grotte vous délivre, elle vous sourit, elle occulte votre condition humaine jusqu’à ce que vous faisiez intimement partie d’elle.
La grotte c’est aussi le silence. Pas le silence de la mort qui fait siffler les oreilles, mais un silence bien vivant, celui de la goutte qui éclate, de la rivière qui coule. Un silence qui n’en est pas un, qui est si apaisant qu’on l’écouterait sans fin puisqu’il ne s’interrompt jamais.
Et quand il faut la quitter, c’est comme lorsque s’arrête la nuit, que réapparaît le jour, avec son aurore, son crépuscule et sa mort. Un jour dont le temps passe inexorablement, toujours semblable, inutile mais présent.
Seb

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