Suite et fin du voyage en zig zag de Monsieur André en Sicile lointaine ...
Il nous reste donc quelques jours avant de rentrer au bercail et j’avais envie de retourner faire un tour sur l’Etna, voir cette fameuse coulée de 1992 (250 millions de m3 de lave déversée pendant un an qu’a duré cette énorme éruption).

La route, taillée dans la coulée, met déjà dans l'ambiance.
Direction le village de Zafferana, épargné de justesse par la coulée qui s’arrêta gentiment devant la première maison.
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Mais n’anticipons pas. Pour commencer, il faut emprunter un joli chemin empierré qui monte tranquillement vers la coulée, qui se poursuit par un vague sentier tracé directement dans la lave (heureusement refroidie)
La météo n’est pas au mieux : les pentes de l’Etna sont souvent sujettes à des averses (c’est le service incendie local, très efficace pour refouler le touriste de base). La foret, luxuriante, borde la coulée très chaotique.
J'escalade et désescalade sans cesse des monticules de lave hyper-tranchante (évitez d’emmener votre chien, belle-maman et les tongues). Le paysage est apocalyptique.
Depuis le bord de la coulée, j'aperçois l'autre rive, à plus de 500 mètres de là. Il est amusant de voir la vie reprendre petit à petit ses droits : sur une vingtaine de mètres de large, du lichen a colonisé le bord de la coulée, lui donnant une teinte gris-vert sale, tranchant avec le noir du reste de la coulée. Par ci par là, une plante a réussi à s’implanter au beau milieu de la lave.
On voit aussi par endroit quelque-chose qui ressemble à une route ! En fait, c’est le dessus d'un tunnel de lave, Par endroits, le plafond, crevé, laisse voir la cavité. Malgré la pluie, le brouillard et une pose de pied aléatoire, je continue ma progression vers l’origine de la coulée.
Une trouée dans le brouillard laisse enfin voir la lèvre du cratère d’où elle est partie. La brèche est énorme, plus grande que la vallée du Bouchet : impressionnant.
Là-haut, la crasse a repris de la force et la brèche s’est refermée. Je prends le parti de redescendre, car je n’en verrai pas plus. Je retrouve Florence en bas qui fait une petite sieste dans la voiture…
Retour sur Catane, dernière nuit avant de retrouver les copains et la Tanne aux Echos !!! Avant de partir, il nous reste du temps pour aller faire un tour au marché de Catane. A voir, très pittoresque, mais attention aux sacs !
Une nuée d’incroyables triporteurs trimbalent en tous sens toutes sortes de denrées… Les scooters sont également légion et servent à peu près à tout. Même à balader les chiens.
Il faut bien repartir. La Sicile.? Dépaysement assuré : habitants accueillants et les pizzas, ah ! les pizzas ...
Reste à monter dans l’avion. J’ai un peu peur du passage en douane, parce que j'ai dans nos bagages dix bons kilos de cailloux en provenance de l’Etna, répartis un peu dans les valises et le reste dans un gros carton !
Mais non ! A la douane, le carton passe comme une lettre à la poste. Pour le moment, les Siciliens ne sont pas à quelques kilos de lave près, étant donné ce que leur volcan leur crache régulièrement sur la tête.
Fin
André Girardot